Comment l’architecture contribue au bien-être au travail

Espace Architecte

Bureau sweet Bureau

« Hey, on se fait un bowling-brainstorming au sous-sol cet après-midi ? Non, je peux pas, j’ai réunion créa à la piscine, au 2ème étage, avec mon DA. » Conversation à peine fictive, entendue à la machine à café du Googleplex (Californie, USAAAA). En matière d’aménagement de bureaux, nos amis de la Silicon Valley frappent fort. Ils ont compris depuis longtemps qu’un environnement de travail adapté et agréable est indispensable pour cultiver le bien-être de leurs collaborateurs (et pour les rendre toujours plus productifs, business is business). Parce que chez Archivolto, on aime aussi le bowling, on vous livre ici quelques-unes de nos réflexions sur le sujet.

On parle beaucoup de « ludification » des bureaux, comprenez salle de billard et hamacs bigarrés, mais ce n’est finalement que la cerise sur le gâteau. En réalité, concevoir un espace de travail agréable et tourné vers ses utilisateurs nécessite d’abord de réfléchir en termes de confort et de fonctionnalité des lieux.

Circulations intérieures

Dans un espace emprunté par un grand nombre d’utilisateurs au quotidien, la fluidité de circulation des personnes, à l’intérieur, et à l’extérieur, est impérative. Le concept de « design actif » répond à ce besoin. Via des cages d’escalier vastes et chaleureuses, ou des jardins en terrasse, le complexe Via Verde, à New York, incite par exemple ses utilisateurs à se déplacer à pied, plutôt qu’en ascenseur. (1) En plus d’engager une activité physique, ces lieux de passage deviennent ainsi des lieux de sociabilité éventuels, permettant d’humaniser les grands espaces anonymes.

Isolations multiples

L’open-space, très tendance au début du XXIe siècle montre aujourd’hui des signes de faiblesse. Souvent inconfortable pour ses utilisateurs, il est désormais repensé pour être moins froid, bruyant ou déconcentrant. L’isolation thermique (pour éviter que Michel de la compta ne ramène son plaid au bureau) compte parmi les points à considérer. De nombreuses techniques sont possibles, mais comme nous privilégions les démarches éco-responsables, en voici une qui nous interpelle particulièrement :   l’isolation extérieure d’un immeuble parisien … en bottes de paille ! (9) Autre technique, plus courante et plus facile à mettre en place en cas de rénovation, les cloisons amovibles, qui permettent de réduire ponctuellement certains espaces – et donc de chauffer plus efficacement. C’est également une bonne manière d’améliorer l’isolation phonique, problème récurrent dans les espaces de bureaux – Michel a aussi la voix qui porte. Les cabines acoustiques, qui fleurissent désormais un peu partout, sont l’une des solutions, en permettant à chacun de s’isoler pour un rendez-vous téléphonique, ou une partie de Candy Crush (8).

Inspirations naturelles

En architecture, comme ailleurs, Dame Nature reste l’une des inspirations principales en termes de conception. A Lyon, le bâtiment Groupama a misé sur son toit, devenu un gigantesque potager (2), dont les légumes sont ensuite vendus aux collaborateurs (malin Groupama). A Paris, les architectes de l’agence Boclaud ont privilégié la lumière naturelle dans les locaux de l’agence Créaminal (3), à l’instar du bâtiment-paquebot Ile de Corse, à Nancy, dont les multiples hublots éclairent l’ensemble des bureaux (4). A Grenoble aussi, on regarde vers les montagnes, à travers les immenses baies vitrées du siège du groupe Rossignol, dont les courbes évoquent les sommets environnants (5). Le cabinet Christian Pottgeister rivalise également d’audace, pour les bureaux de Green Office, à Paris, en plantant des arbres à l’intérieur des espaces de travail. (6) Les murs en fibre de papier de la Station végétale digitale JWT Agency (une agence de pub quoi) répondent eux aussi à une volonté de concevoir un bâti humain, en accord avec la nature. (7)

Tous ces exemples nous montrent qu’au-delà de simples accessoires ludiques, la conception de bâtiments de bureaux doit se faire en amont. Et pour construire un environnement de travail humaniste et éco-responsable, nous devons placer l’expérience de l’utilisateur au cœur des préoccupations.

Manon Liduena

ps : On se le fait ce bowling ?

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